Bien que le plagiat entraîne de graves conséquences dans le milieu universitaire, il ne donne lieu à des poursuites judiciaires que dans des circonstances bien précises.
Cet article traite de la légalité du plagiat, des actes pouvant entraîner des conséquences juridiques, ainsi que d’autres sanctions non juridiques susceptibles d’être infligées.
Plongeons dans le vif du sujet.
Principaux enseignements
- Bien que le plagiat en soi ne constitue pas une infraction pénale aux États-Unis, les cas de plagiat qui recoupent la violation du droit d'auteur, la fraude et la rupture de contrat peuvent entraîner des conséquences juridiques.
- Dans le milieu universitaire, le plagiat constitue une violation des règles d'intégrité de l'établissement. Selon l'établissement et la gravité de l'infraction, les sanctions peuvent aller d'une note d'échec à l'exclusion, voire à l'annulation du diplôme.
- Sur les cinq cas réels présentés dans cet article, quatre ont abouti à la révocation des diplômes et deux ont fait l'objet de pressions les poussant à mettre fin à leur carrière. Le coût professionnel est systématiquement très lourd.
- Le recours à l'IA pour la rédaction d'un travail scolaire ne constitue pas automatiquement un plagiat, mais le fait de présenter comme sien un travail généré par l'IA alors que le règlement relatif aux devoirs interdit l'utilisation de l'IA est considéré comme une atteinte à l'intégrité.
Le plagiat est-il illégal ? La réponse en bref
Si, dans le milieu universitaire, le plagiat est généralement considéré comme une violation des codes d'honneur ou de déontologie, cet acte en lui-même ne constitue pas une infraction passible de sanctions pénales aux États-Unis.
Des conséquences juridiques surviennent généralement lorsque le plagiat donne lieu à d'autres infractions passibles de poursuites, à savoir la violation du droit d'auteur, la fraude et la rupture de contrat.
Cependant, ces chevauchements sont rares dans le cadre des études de premier cycle ; cette distinction revêt donc davantage d'importance dans les contextes professionnels et éditoriaux.
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Plagiat et violation du droit d'auteur
Le plagiat désigne le fait de faire passer le travail d'une autre source pour le sien. En revanche, la violation du droit d'auteur désigne l'utilisation sans autorisation d'un contenu protégé par le droit d'auteur.
Bien qu’il existe un chevauchement important entre ces deux infractions, elles ne sont pas tout à fait identiques. Les principales infractions en matière de plagiat concernent la citation correcte et la mention de la paternité de l’œuvre. En revanche, la principale infraction en matière de violation du droit d’auteur réside dans l’utilisation non autorisée d’œuvres protégées.
Par exemple :
- Le fait pour un étudiant de reproduire un texte relevant du domaine public dans le cadre d'une dissertation est considéré comme du plagiat, mais ne constitue pas une violation du droit d'auteur.
- Un étudiant qui cite, sans autorisation, des données tirées d'une revue protégée par le droit d'auteur commet une violation du droit d'auteur, mais pas un plagiat.
Plagiat ou manquement à l'intégrité académique ?
Dans le milieu universitaire, le plagiat est généralement considéré comme une violation des règles d'intégrité académique, même lorsque l'infraction en question n'enfreint aucune loi.
Les universités et les établissements scolaires interdisent généralement le plagiat et imposent des sanctions disciplinaires plus sévères que ne le seraient les conséquences juridiques.
Voici quelques exemples de sanctions académiques en cas de plagiat :
- Échec à un devoir ou à un cours
- Perte des crédits du cours
- Suspension
- Expulsion
- Retrait du diplôme, si l'établissement constate un cas de plagiat après l'obtention du diplôme par l'auteur des faits
- Retrait des bourses ou d'autres avantages accordés par l'établissement
5 cas réels de plagiat (et leurs conséquences)
Les sanctions en cas de plagiat universitaire varient selon les pays, les établissements et la gravité des faits. Bien que bon nombre de ces conséquences ne relèvent pas du droit, elles n'en causent pas moins un préjudice considérable à la réputation et à la carrière des auteurs.
Arokiaswamy William Margaret Céline
En 1992, un doctorant de l'Université des Philippines Arokiaswamy William Margaret Céline a rédigé une thèse intitulée “ Les influences tamoules en Malaisie, en Indonésie et aux Philippines ”.”
Cependant, lors de la remise du travail, la commission universitaire a constaté de nombreux cas de plagiat, notamment des passages repris mot pour mot à partir de sources publiées sans mention de la source.
L'enquête s'est soldée par le retrait du doctorat d'Arokiaswamy par l'Université des Philippines. Arokiaswamy a contesté cette décision et demandé la réouverture de l'enquête. L'affaire a finalement été portée devant la Cour suprême des Philippines, qui a confirmé le droit de l'université à retirer le diplôme d'Arokiaswamy.
Karl Théodore zu Guttenberg
homme politique allemand Karl-Theodor zu Guttenberg Il a fait l'objet d'une attention médiatique lorsque un juriste a mis au jour plusieurs cas de plagiat dans sa thèse de doctorat à l'université de Bayreuth.
L'enquête a révélé que Guttenberg avait repris plusieurs passages provenant de sources externes sans en citer correctement la source.
À l'issue de l'enquête, l'université de Bayreuth a retiré son doctorat à Guttenberg, préservant ainsi son intégrité en tant qu'établissement universitaire. Guttenberg a ensuite démissionné de son poste de ministre allemand de la Défense et a subi des répercussions durables sur sa carrière politique et sa réputation.
Pál Schmitt
En 2012, la thèse de doctorat d'un homme politique hongrois et ancien escrimeur olympique Pál Schmitt a fait l'objet d'une enquête après la révélation d'allégations de plagiat à grande échelle. Un examen mené par la commission de l'université Semmelweis a révélé que des parties importantes de la thèse reprenaient des passages tirés d'autres sources sans les citer.
Sur recommandation du Conseil des doctorats de l'université Semmelweis, l'université a retiré à Schmitt son titre de docteur. Peu après, Schmitt a démissionné de ses fonctions de président de la Hongrie et a subi un grave préjudice à sa réputation.
Xavier Bettel
Xavier Bettel, l'actuel Premier ministre du Luxembourg, a fait l'objet d'accusations de plagiat concernant un mémoire de troisième cycle qu'il avait rédigé lorsqu'il était étudiant à l'université de Nancy (qui fait désormais partie de l'université de Lorraine) en France.
Une enquête menée en 2021 par le média luxembourgeois Reporter.lu a révélé que 96 % du texte reprenait des sources extérieures, notamment des livres, des articles de journaux et des sites web.
L'enquête menée par l'Université de Lorraine a abouti à une conclusion plus nuancée. Plutôt que de présumer d'une intention malveillante, elle a conclu que l'infraction commise par M. Bettel consistait à ne pas avoir fourni les références appropriées, et a autorisé M. Bettel à conserver son diplôme à condition qu'il ajoute les citations manquantes. Cependant, M. Bettel a préféré renoncer à son diplôme.
Casey Martin
Casey Martin, ancien étudiant de troisième cycle à l’Université du Colorado, a obtenu son master en publiant un mémoire sur la représentation du grand raid aérien de Tokyo dans le film japonais de 2007 intitulé *War and Youth*.
Il a fait l'objet d'une enquête après que Justin Aukema, un camarade d'études qui avait rédigé un mémoire sur le même sujet, l'ait accusé d'avoir copié des passages importants de son travail.
Bien que Martin ait affirmé qu'Aukema était l'auteur du plagiat, l'enquête a finalement désigné Martin comme responsable, ce qui a entraîné l'annulation de sa thèse et de son diplôme. Martin a intenté une action en justice contre l'université, mais la Cour d'appel du Colorado a confirmé la décision de cette dernière.

Les 5 niveaux de sanctions en cas de plagiat académique
Les conséquences non juridiques du plagiat universitaire varient en fonction de l'établissement, de la gravité et de la fréquence des faits. Dans les cas mineurs, les sanctions entravent principalement la progression académique, tandis que dans les cas graves, elles empêchent l'auteur de tout lien avec l'établissement.
Échec de l'affectation
L'attribution d'une note insuffisante constitue le premier échelon de l'échelle des sanctions en matière de plagiat académique. Il s'agit de la sanction la plus courante, généralement appliquée en cas de première infraction ou d'infraction mineure. De cette manière, l'auteur de l'infraction se voit infliger une sanction qui le dissuade de réitérer ses actes, tout en lui laissant la possibilité d'améliorer ses notes.
Échec à un cours
En cas d'infractions plus graves ou répétées, un établissement peut attribuer une note d'échec pour l'ensemble du cours. Cette sanction reflète la gravité de l'infraction et peut avoir un impact significatif sur la progression scolaire de l'étudiant et sur sa moyenne générale.
Suspension
La suspension est généralement la sanction choisie en cas d'infractions graves ou répétées. Tout comme l'exclusion temporaire, elle dissuade de commettre de nouvelles infractions tout en permettant à l'élève de réintégrer l'établissement et de terminer ses études, même si le dossier scolaire qui en résulte peut rendre plus difficile l'obtention de distinctions.
Expulsion
Les établissements d'enseignement ne recourent à l'exclusion qu'en cas d'infractions graves et répétées ou de plagiat à grande échelle. Cette mesure prive l'étudiant de toute possibilité d'obtenir un diplôme de l'établissement, ce qui peut également compromettre ses chances d'être admis dans un autre établissement.
Diplôme annulé
Si un établissement constate un cas de plagiat après la remise des diplômes, il peut retirer le diplôme de l'auteur des faits. Cela se produit dans les affaires très médiatisées, généralement afin de préserver l'intégrité de l'établissement et la valeur de ses diplômes.
Dans quels cas le plagiat donne-t-il lieu à des poursuites judiciaires ?
Bien que le plagiat ne constitue que rarement une infraction pénale en soi, il peut néanmoins donner lieu à des poursuites judiciaires lorsqu'il facilite d'autres infractions, telles que la violation du droit d'auteur, la fraude ou la rupture de contrat.
Violation du droit d'auteur
Lorsque le plagiat dépasse les limites de l'usage loyal d'œuvres protégées par le droit d'auteur, il peut constituer une atteinte au droit d'auteur. Dans ce cas, le titulaire du droit d'auteur peut engager des poursuites judiciaires afin d'obtenir réparation, notamment sous forme de dommages-intérêts, d'injonctions et de sanctions légales.
Fraude
Le fait d'utiliser un travail plagié pour obtenir frauduleusement des paiements, des subventions ou des titres de formation peut engager la responsabilité civile d'une personne. Dans ces cas, l'infraction n'est pas le plagiat en soi, mais la tromperie ou la fausse déclaration concernant la paternité de l'œuvre.
En fonction du montant et de la juridiction compétente, l'auteur des faits peut faire l'objet de poursuites pénales, engager sa responsabilité civile, voire les deux.
Rupture de contrat
Le plagiat peut donner lieu à des poursuites judiciaires si un plagiaire soumet un contenu plagié dans le cadre d'un contrat qui stipule explicitement l'originalité comme condition requise. La partie lésée peut alors engager des poursuites judiciaires afin d'obtenir réparation, notamment sous forme de dommages-intérêts, d'une mesure injonctive, d'une restitution ou de la résiliation du contrat.
La rédaction assistée par l'IA constitue-t-elle un plagiat ?
L'écriture assistée par l'IA ne constitue pas automatiquement un plagiat. Comme nous l'avons déjà évoqué dans notre article intitulé ChatGPT est-il du plagiat ?, les modèles d'IA générative sont conçus pour produire de nouveaux textes plutôt que de reproduire des passages tirés de sources existantes.
Étant donné que l'utilisation de contenus générés par l'IA ne consiste pas à copier des auteurs réels, cela ne relève pas des définitions classiques du plagiat.
Il existe toutefois quelques exceptions, telles que :
- Reproduction accidentelle : Bien que les consignes relatives au développement des modèles visent à limiter la mémorisation et la reproduction des données d'apprentissage, les modèles peuvent néanmoins reproduire ou ressembler étroitement à des contenus qu'ils ont rencontrés lors de l'apprentissage, en particulier lorsque ces contenus apparaissent de manière répétée sur Internet ou contiennent des formulations très caractéristiques.
- Paraphrase : Utiliser l'IA générative pour paraphraser les idées, les modèles et les données provenant d'une autre source et les faire passer pour les vôtres constitue un plagiat si vous ne citez pas correctement les sources originales.
Par ailleurs, certains établissements et certaines formations ont mis en place des politiques interdisant le recours à l'IA. Bien que la soumission de travaux générés ou aidés par l'IA ne soit pas considérée comme du plagiat dans ces contextes, elle constitue néanmoins une atteinte à l'intégrité, qui justifie une sanction.
Comment éviter les risques de plagiat
Même si vous ne copiez pas délibérément des sources extérieures, de mauvaises habitudes, telles que des notes de recherche désorganisées, des citations incorrectes et l’utilisation d’IA générative, peuvent entraîner des conséquences sur le plan académique.
Voici quelques conseils pour éviter plagiat involontaire.
Adoptez un système de prise de notes bien organisé
Le meilleur moyen d'éviter le plagiat involontaire est de bien organiser ses notes. Indiquez clairement les citations et les passages paraphrasés, et joignez les références complètes. Cela vous évitera de confondre les citations avec vos propres propos.
Citer correctement ses sources
Citez correctement toutes les informations provenant de sources externes. Utilisez des guillemets et des références pour les citations directes, et des références pour les informations paraphrasées ou reprises.
Vous pouvez également utiliser un générateur de références pour mettre en forme vos références selon le style requis dans le cadre de votre cours.
Vérifiez vos travaux à l'aide d'outils de détection de plagiat avant de les soumettre
Les outils de détection de plagiat tels que Turnitin, iThenticate, Scribbr et Queuetext peuvent signaler des passages présentant de fortes similitudes avec des contenus existants.
Ils vous aident à repérer plus facilement les cas potentiels de plagiat avant de rendre votre travail, ce qui vous permet de vérifier vos sources, d'ajouter les références manquantes et de reformuler les passages qui reprennent trop fidèlement la formulation originale.
Ne soumettez pas à nouveau un travail déjà soumis sans le signaler
La réutilisation d'un travail que vous avez déjà rendu dans le cadre d'un autre devoir peut constituer un cas d'auto-plagiat.
Même si vous êtes l'auteur de l'œuvre originale, les établissements peuvent considérer que sa nouvelle soumission constitue une atteinte à l'intégrité, car cela vous permet d'obtenir une reconnaissance pour le même travail à plusieurs reprises sans autorisation.
Questions fréquemment posées
Peux-tu aller en prison pour plagiat ?
Le plagiat en soi ne constitue pas une infraction pénale aux États-Unis. On ne risque la prison pour plagiat que si celui-ci sert à commettre une fraude ou une violation délibérée du droit d'auteur.
Le plagiat est-il un délit aux États-Unis ?
Aux États-Unis, aucune loi ne qualifie le plagiat d'infraction pénale. Toutefois, les auteurs de plagiat s'exposent à des poursuites judiciaires si celui-ci relève également de la contrefaçon, de la fraude ou de la rupture de contrat.
Quelle est la différence entre le plagiat et la violation du droit d'auteur ?
La principale infraction liée au plagiat est d'ordre éthique. Elle consiste à présenter à tort la paternité d'une œuvre et à priver une partie plus méritante du mérite qui lui revient. En revanche, la principale infraction liée à la violation du droit d'auteur est d'ordre juridique. Elle consiste à utiliser sans autorisation un contenu protégé par le droit d'auteur, privant ainsi le titulaire de ce droit des bénéfices qui lui reviennent.
Une violation du droit d'auteur peut ne pas constituer un plagiat, comme dans le cas d'un film qui utilise une chanson sans payer les droits d'utilisation. L'inverse est également vrai : un plagiat peut ne pas constituer une violation du droit d'auteur, par exemple lorsqu'un étudiant fait passer pour son propre texte des passages appartenant au domaine public.
Les étudiants peuvent-ils être poursuivis en justice pour plagiat ?
En théorie, oui. Si le plagiat porte sur des œuvres protégées par le droit d'auteur, les ayants droit peuvent engager une action en justice. Les étudiants liés par un contrat peuvent également faire l'objet de poursuites judiciaires si le plagiat constitue une violation de ce contrat. Toutefois, dans la pratique, la plupart des cas de plagiat commis par des étudiants sont réglés dans le cadre d'une procédure interne à l'établissement plutôt que par voie judiciaire.
Que se passe-t-il si l'on commet un plagiat à l'université ?
Les conséquences du plagiat universitaire varient selon les établissements, ainsi qu’en fonction de la gravité et de la fréquence de l’infraction. Les sanctions courantes, classées par ordre de gravité, comprennent l’échec à l’évaluation concernée, l’échec au cours, la suspension, l’exclusion ou l’annulation du diplôme.
L'utilisation de l'IA constitue-t-elle un plagiat ?
Étant donné que l'IA ne copie pas les travaux d'auteurs humains, l'utilisation de l'IA générative ne constitue pas automatiquement un plagiat. Toutefois, les étudiants qui recourent à l'IA peuvent s'exposer à des sanctions académiques dans les cours où l'utilisation de l'IA est interdite, ou si l'IA générative produit accidentellement un travail présentant une similitude substantielle avec d'autres sources.
Réflexions finales
Bien que le plagiat universitaire ne soit pas en soi passible de sanctions pénales, il peut néanmoins donner lieu à des sanctions disciplinaires susceptibles d’entraver la progression académique ou d’avoir des conséquences durables sur la carrière des auteurs.
Comme le montrent les exemples ci-dessus, même en l'absence de poursuites judiciaires, le plagiat peut entraîner la révocation de diplômes, une mise au pilori et des pressions visant à pousser les personnes concernées à démissionner de leurs fonctions à responsabilité.
Les étudiants qui ont recours à l'IA pour rédiger ou réviser leurs textes peuvent utiliser « Undetectable AI » comme un outil gratuit et efficace pour éliminer les traces laissées par l'IA. IA indétectable rend l'écriture assistée par l'IA plus humaine, en protégeant les textes contre les outils de vérification tels que Grammarly, Quillbot et GPTZero.